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La dernière année scolaire a été marquée par la multiplication de procédures lancées par le Rectorat contre des personnels. Bien souvent, les agent·es visé·es ont dénoncé les agissements de leur hiérarchie ou étaient en conflit avec leur supérieur. Plutôt que de chercher à résoudre les problèmes soulevés, le Rectorat de Toulouse préfère punir celles et ceux qui osent prendre la parole afin d’intimider les autres. Mais comme il manque souvent d’arguments pour lancer une procédure disciplinaire, il utilise la procédure de mutation dans l’intérêt du service pour déplacer les collègues concerné·es et les punir de façon déguisée, sans possibilité de recours autre que de passer devant les tribunaux.
La multiplication des dossiers et la lenteur d’une justice administrative engorgée entrave la lutte contre ces pratiques abusives. Il faut en avoir du courage pour aller jusqu’au bout de plusieurs années de procédures administratives éprouvantes afin de voir respecter ses droits en tant que travailleur·se. Le Rectorat compte sur le découragement des agent·es pour s’en sortir en toute impunité. Le silence qu’il oppose à leurs demandes, comme à celles des syndicats, en ne répondant pas aux diverses interpellations, est une violence supplémentaire et le signe d’un mépris profond de la hiérarchie envers les travailleurs·ses de l’éducation. Du côté de notre syndicat, la multiplication des suivis de ce type de dossiers accapare une bonne partie de notre énergie. C’est un piège que nous tend l’Administration.
La méthode est rodée. Elle a déjà été appliquée à France Telecom puis à la SNCF. Multiplier les procédures individuelles permet de fatiguer les syndicats et de les occuper à autre chose qu’à organiser des mobilisations. Face à ce constat, il nous faut donc changer de perspective. Si l’accompagnement individuel est essentiel, seule une lutte collective permettra de faire cesser l’impunité qui règne au Rectorat de Toulouse. Une impunité qui peut parfois avoir des conséquences dramatiques, jusqu’au suicide.
Quand nous disons Rectorat, il nous faut d’ailleurs être plus précis : ce sont les ressources humaines et les services juridiques qui appliquent tambour battant ces politiques, qui sont le volet autoritaire du Nouveau Management Public (NMP) mis en place dans l’Éducation nationale depuis une vingtaine d’années.
Dans la lignée du taylorisme né au début du 20ème siècle, le NMP veut, sur le modèle de l’entreprise privée, rationaliser les politiques publiques pour en diminuer les coûts en s’appuyant sur des indicateurs de performance obtenus par des évaluations tous azimuts. Ceci ne peut se faire qu’en s’assurant que les fonctionnaires soient sous le contrôle total de leur hiérarchie. Insidieusement, les mécanismes se sont mis en place, de « l’école de la confiance de Blanquer » au « Choc des savoirs » d’Attal : entretien d’évaluation professionnel, Pacte pour indexer la rémunération sur les tâches effectuées, précarisation des personnels, évaluations systématiques des élèves, mise en concurrence des établissements scolaires… Petit à petit, l’administration a rongé jusqu’à l’os les moyens attribués au service public d’éducation tout en accentuant son contrôle. Pour contenir les travailleurs·ses sous pression, il lui faut maintenant régner par la terreur.
La peur doit changer de camp. Nous sommes un million, ils ne sont qu’une poignée. C’est par la lutte collective que nous pouvons reprendre le contrôle de notre outil de travail et travailler à faire de l’école un lieu d’émancipation. Nous avons des outils pour lutter : la grève, d’abord, appuyée par des caisses de solidarité pour soutenir les personnels les plus précaires ; les actions revendicatives, quelle que soit leur forme ; la communication, pour dénoncer publiquement les politiques répressives menées par le Rectorat. Ce que craignent le plus les personnes qui les mettent en œuvre, c’est de voir leur nom affiché en place publique.
Pour nous organiser,les cadres ne manquent pas. Les syndicats en sont un. Les assemblées de personnels en sont d’autres. Quel que soit le contexte, communiquons et mettons en lien nos actions pour faire comprendre à celles et ceux au sein du Rectorat qui pensent pouvoir nous faire taire, que nous ne renoncerons pas à revendiquer le respect de nos droits et à lutter pour un service public d’éducation gratuit et de qualité, au service du peuple.
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