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Face à la répression : solidarité !

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Entre le début du soulèvement lycéen et mi-octobre, près de 8000 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d’enfants. Cette répression aveugle, brutale, est à la hauteur de la peur qu’inspire à l’État la jeunesse qui relève la tête. Plusieurs centaines de jeunes ont été blessé·es, certain·es mutilé·es à vie. Des vidéos témoignent de violences sexistes, sexuelles et racistes commises par des policiers en intervention – et combien d’autres encore dans les angles morts ? Partout les jeunes témoignent : les interpellations visent majoritairement les personnes non-blanches. Le mouvement lycéen a démarré dans les territoires d’outre-mer colonisés par la France et dans la banlieue parisienne – sa répression par l’État s’inscrit dans un continuum raciste et post-colonial de maintien de l’ordre, qui s’élargit à présent à toute la jeunesse.

À présent, c’est le marteau des juges qui commence à s’abattre sur les révolté·es. À Toulouse, un lycéen majeur a été envoyé en prison pour une nuit avant d’être acquitté. Les convocations devant la justice des mineurs ou à des procès pour les majeurs se multiplient. Tout comme face à la police nous avons formé des chaînes, nous devons rester solidaires face à la répression judiciaire qui va s’étaler dans le temps et toucher des dizaines de familles.

L’institution scolaire n’est pas en reste. Nous avons observé avec dégoût des Proviseurs faire appel à la police contre leurs propres élèves. En toute conscience, ils ont mis en danger les enfants dont ils avaient la responsabilité et ainsi cautionné la violence aveugle exercée contre la jeunesse. Tout ça pourquoi ? Il n’y a guère que les ordures pour avoir peur des feux de poubelles. Des ordures qui ont perdu leur humanité.

Certains à Toulouse ont tenu des propos extrêmement graves, allant jusqu’à faire des analogies entre un container brûlé et un autodafé, qualifiant d’obscurantisme les revendications d’une jeunesse brillante qui réclame des conditions d’éducation correctes et un avenir. En tentant ainsi d’étouffer le mouvement de contestation, ils ont choisi leur camp : celui de l’accompagnement vers un régime autoritaire qui se met tranquillement au pouvoir. Ils n’hésitent plus à ouvrir leurs portes aux forces policières pour intervenir au sein des établissements, comme au lycée des Arènes le 15/10. Ces collaborateurs de la répression portent la responsabilité des arrestations et blessures de tous·tes ces jeunes devant ou dans leur lycée.Nous saluons d’ailleurs les collègues du lycée Paul Eluard en Seine-Saint-Denis qui se sont interposés pour empêcher l’arrestation d’un élève dans le bureau de leur chef. À présent, les mêmes Proviseurs préparent les convocations en conseil de discipline des lycéen·nes qui ont eu l’outrecuidance de défier l’ordre en place.

Les personnels mobilisés sont aussi visés. Les équipes de vie scolaire, en première ligne, sont mises sous pression par des directions caporalisées. Là encore, la répression est traversée par le racisme d’État : les personnels racisés sont davantage que les autres soupçonnés d’aider les élèves à « commettre des violences ». Des personnels présent·es devant leur lycée en soutien aux jeunes sont comptabilisé·es comme grévistes alors même que l’établissement est fermé. Des menaces de sanctions sont formulées à l’oral.

Face à la répression, aussi brutale soit-elle, nous avons un bouclier bien plus efficace que celui des CRS : la solidarité. La force, la détermination, l’énergie solaire de la jeunesse en lutte nous inspire et nous donne le courage qu’il nous faut pour garder les rangs serrés. Nous ne laisserons personne en arrière, à affronter seul·e les conséquences d’un engagement collectif. Nous appelons tous les personnels d’éducation à se mobiliser en soutien des personnes réprimées dans le cadre du mouvement en cours.

Que faire ?

 

  • utiliser les outils institutionnels pour dénoncer

→ tu es témoin de violences policières devant ton lycée ? Fais un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale auprès du Procureur. Légalement, en tant qu’agent.e d’un service public, tu y es tenu·e car nous avons obligation d’informer sans délai le procureur de la République d’un crime ou d’un délit découvert dans l’exercice de nos fonctions ; consigne ton témoignage et transmet-le à un syndicat ou à des avocat·es (Legal team, Syndicat des avocats de France de Toulouse)

→ une intervention policière a mis des élèves ou des personnels en danger ? Rédige une fiche dans le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST, disponible en ligne sur Arena ou en version papier dans l’établissement) ; propose aux parents ou aux lycéens majeurs de remplir le RSST usager, qui doit être disponible à l’accueil

→ une intervention policière a créé une situation de danger grave (une grenade lacrymo qui a atterri dans le lycée par exemple) ? Avec tes collègues, exercez votre droit de retrait et demandez à remplir le Registre Danger Grave et Imminent ; contactez un syndicat de lutte pour vous soutenir

  • avec les parents d’élèves

→ faites pression sur la direction du lycée pour que l’absence en raison d’un mouvement social soit reconnue comme un motif légitime qui n’impacte pas l’orientation, notamment via parcoursup

→ assistez aux conseils de discipline des lycéen·nes que l’institution veut sanctionner pour leur participation au mouvement et votez collectivement pour l’abandon de la procédure ; dénoncez son caractère politique pour que cela figure au compte-rendu

→ faites voter des motions de soutien au Conseil d’Administration des collèges et lycées, dans les Conseils des maître·sses des écoles

→ soutenez les familles dont un enfant s’est fait interpeller en étant à l’écoute de leurs besoins et de leurs demandes

  •  avec les collègues

→ de la maternelle à l’université, organisez des caisses de soutien pour les élèves poursuivis ;

→ soutenez les élèves que vous connaissez, anciens et actuels, qui sont poursuivis, ainsi que leurs familles, en partageant les contacts d’avocat·es, en étant à l’écoute de leurs besoins

→ soutenez les personnels, en particulier en vie scolaire, qui subissent des pressions de leur direction (délégations aux chef·fes, rappel de la loi, mise en lien avec un syndicat)

  •  avec les jeunes

→ imprimez et distribuez des tracts donnant des conseils contre la répression, y compris celui du SAF sur les conseils de discipline

→ soyez témoins des interventions policières et si vous le pouvez, formez des chaînes pour protéger les élèves

Contacts :

Legal team Toulouse : 06 85 05 61 27 / @LegaleTlse.31 sur Signal / ajt_tlse@systemli.org

Sud éducation 31-65-82 : sudeduc31@sudeducation.org /

05 62 14 66 74 / https://www.sudeduc31.org

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