1995… et le décollage

jeudi 27 février 2014
par  gilou

1995 : Le G10 (alors SNUI, SUD PTT et CRC) n’apparaîtra pas en tant que tel dans le mouvement, mais ses syndicats joueront un rôle important dans leurs secteurs et dans les apparitions centrales (manifs…) notamment grâce à la sono de SUD PTT (certains se rappelleront la remontée des allées J.Jaurès avec la chanson sur la « grève générale »…). C’est durant ce conflit qu’est apparu la notion des temps forts, mardi et jeudi, journée de grandes manifestations et de jonction avec les salariés du secteur privé. Enfin les cortèges étaient organisés par profession, souvent les cheminots étaient devant, mais ce sera la dernière fois, on passera ensuite à l’organisation des cortèges par syndicat.
L’objet de ce texte n’est pas d’analyser en détail l’instauration des temps forts comme alternative à la grève générale et ce d’autant plus que le secteur public dans son ensemble était en grève reconductible. Ces temps forts ont permis à des secteurs du privé de participer aux manifestations sur la base de débrayages courts. Si on regarde la presse de l’époque (La Dépêche, le Monde, l’Humanité, Rouge...), on va voir que la CGT et FO, au niveau de leurs fédérations au plan national vont multiplier les appels à la grève dans le privé sans que cela se traduise dans les faits par autre chose que des débrayages et des participations aux temps forts.
Une autre caractéristique de ce mouvement sera la tenue des assemblées générales dans les centres et les services. Assemblées qui permettront une participation massive du personnel aux multiples actions qui auront lieu durant cette période, mais aussi aux syndicats CFDT, oppositionnels dans la plus part des services publics, de mesurer le poids que pouvait avoir une pratique syndicale débarrassée du poids de la bureaucratie. L’apparition dans les manifs des drapeaux, des auto- collants jaunes de SUD PTT sera d’un bout à l’autre de novembre/décembre 95 un point de ralliement : bon nombre de militant e s d’autres secteurs viendront faire dans nos cortèges un bout de manif (ce qui ne manqua jamais d’inquiéter les autres syndicats qui manif après manif scrutaient, comptaient nos cortèges). Mais aussi un lieu de curiosité : on venait regarder ces drapeaux jaunes et poser des questions. Au début du mouvement, tout le monde ne connaissait pas SUD PTT : le passage d’Annick COUPE à la TV, à la fin du mouvement face ou à côté de JOSPIN,(La Marche du siècle février 1996) va changer la donne et accélérer le courant de sympathie à notre égard.
Durant le conflit, le local, des cheminots CFDT, au détour d’un apéro ou d’un repas, servira de lieu de discussion et l’après 95 sera au cœur des préoccupations, car déjà bon nombre de cheminots savaient qu’ils ne pourraient rester à la CFDT. Pour nous, « les PTT », nous avions la conviction que le moment de briser notre isolement par le développement des SUD partout où c’était possible était venu. Dans ces discussions avec les cheminots, nous avions évoqué l’éventail des solutions qui allaient apparaître dans l’opposition CFDT : créer SUD ou maintenir un courant de lutte dans la CFDT. Il faut relire le texte de Michel Desmars publié dans Collectif n° 19, en particulier, qui aborde cette question. Enfin, c’est au détour d’un passage dans le local des cheminots que nous mettons en place une action avec la CGT EDF, la CGT et CFDT SNCF et SUD PTT. Avec du câble électrique, des rails, une cabine téléphonique…, nous sommes retrouvés place du Capitole, en permanence « occupée » par des salariés et des étudiants et devant les journalistes à venir symboliser la casse du service public. Ce sera la une de La dépêche du lendemain, le hasard, nous mettra au centre de l’image... mais il n’y aura plus d’action de ce type.
Enfin, grâce à la CFDT cheminots, Sud PTT a pu apparaître en tête de cortège lors de plusieurs manifs
Durant le conflit, entre septembre 95 et juste avant les fêtes, il y aura 28 manifestations à Toulouse ! Certaines avoisineront les 100 000 personnes . Quand on regarde les articles de La dépêche de l’époque, on constate que la formulation « selon les organisateurs et selon la police » n’existait pas. Le point d’orgue de toutes ces manifestations sera la nuit à la gare Matabiau ou des milliers de manifestants passeront, et discuteront dans un esprit rappelant mai68. La fin du conflit sera marquée par quelques incidents place du Capitole . La dernière manifestation se scinde en deux à Esquirol, la CGT part vers la Place des Salins, nous choisissons la Place du Capitole, avec des milliers de manifestants. Sur la Place des petits groupes harcèleront la police…avant les lâcher classique des lacrymogènes.
La sortie de grève n’est pas facile. Dans bien des secteurs, l’impression sera que l’on pouvait arracher plus. A cela s’ajouteront des négociations de sortie de grève difficiles, à la Poste, comme à France Télécom. Pour l’anecdote, lors d’une opération « coup de poing » pour imposer une négociation sur le paiement des jours de grève devant la Direction Régionale de France télécom rue Gabriel Péri », nous avions construit une barricade d’annuaires surmontée des fameux fumigènes des cheminots. Quand nous les avons allumés…ce sont les annuaires qui ont pris feu !!! Enfin on relira la lettre ouverte aux joueurs du Stade toulousain dont les maillots arboraient le logo d’un de leur sponsor France Télécom Le début d’une longue collaboration, puisque des joueurs comme Michalack, N’Tamack seront des CDD de luxe avec un bureau dans la direction. Leur métier : « être présents lors des ventes promotionnelles des téléphones portables » !

En fichiers joints, articles de La Dépêche, Collectif n19, note RH


Documents joints

PDF - 407.6 ko
PDF - 1.5 Mo
PDF - 2.2 Mo
PDF - 1.4 Mo
PDF - 1.3 Mo
PDF - 2.2 Mo
PDF - 932.4 ko
PDF - 53.7 Mo
PDF - 6.7 Mo
PDF - 27.2 Mo
PDF - 8.2 Mo
PDF - 17.3 Mo

Navigation

Articles de la rubrique

  • 1995… et le décollage

Agenda

<<

2017

 

<<

Octobre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois