La préhistoire avant 95

jeudi 27 février 2014
par  gilou

Novembre 88 : grève du service auto de la Poste, à Toulouse bien que massive cette action n’est soutenue que par le courant d’opposition au sein de la CFDT. Mêmes causes, mêmes effets qu’à Paris, ici aussi les militants sont marginalisés par les structures et décident de convoquer une réunion publique des militants de l’opposition CFDT dès le mois de décembre. Une trentaine de militants ont participé à cette réunion qui s’est tenue dans les locaux de la radio Canal Sud. Durant celle-ci, nous avons fait part de notre volonté de rejoindre la structure parisienne Sud qui venait de se créer, d’ailleurs pour l’anecdote, c’est au Trois petits cochons restaurant de l’ex place Marengo que nous avons tenu nos premières réunions. Seuls 5 militants font le choix de créer Sud, et décident tout de suite de présenter des listes aux élections CAP de façon à assurer la présence de Sud. Ces élections nous permettront d’obtenir près de 5% des voix au niveau régional, d’apparaître dans les bureaux, et malgré l’opposition violente des directions des PTT et des autres organisations syndicales de nous imposer comme des éléments incontournables malgré la faiblesse de nos effectifs. Il est un fait important à signaler, c’est l’affaire du conseil syndical de la mi-septembre 89 qui vit les 15 militants locaux ( à l’instar des autres structures nationales) déposer des demandes d’absence syndicale et faire le choix malgré le refus de la direction de s’absenter et tenir la réunion.
1989 : dans les rues de Toulouse, en septembre apparaissent les drapeaux orange du SNUI lors de la longue grève des impôts. La même année SUD PTT 31, qui s’était créé en janvier à Toulouse, tenait son premier congrès et faisait ses premières apparitions. C’est autour de la défense des postiers du centre de tri de Lezenne, que SUD PTT est apparu pour la première fois publiquement sur le département, avec un rassemblement devant la mairie de G. Bapt (déjà député), lors de la visite du ministre Quilès. Nous avons tenté de construire un mouvement de solidarité interprofessionnel via l’adresse aux organisations et personnalités toulousaines.
1992 : premiers contacts avec le G 10 (regroupement de syndicats « autonomes »), pour les prud’hommes… élections auxquelles nous ne participerons pas vu l’alliance du G10 avec plusieurs syndicats (fasp, fmc…) qui donneront plus tard l’UNSA.
Cette première réunion, à la gare Matabiau, nous rencontrons le SNUI Ce sera le début des apparitions du G10 avec la grève des facteurs en 1993. (Participation du SNUI à des AG de facteurs, interventions à la cité administrative…)
Lors de quelques conseils syndicaux de SUD PTT, nous avons organisé des rencontres avec le SNUI, mais aussi avec les syndicats des instituteurs membres de la FEN. Par ces échanges, nous voulions développer dans nos rangs l’idée que la création de SUD PTT n’était pas une fin en soi et qu’il fallait tisser des liens avec d’autres forces. Le choix de SUD PTT d’intégrer le G10, s’est concrétisé assez tôt, mais la réalité de cette structure : syndicats éloignés de nos conceptions (FGSOA, FMC…), peu imprégnés de l’activité interprofessionnelle et repliés sur le catégoriel (SNJ, Banque de France…) nous a conduit à affiner notre stratégie de construction un pied dans l’entreprise, un pied dans le mouvement social.
« Collectif 31 », dont le comité de rédaction est composé de militant e s syndicaux « oppositionnels » de la CFDT, FEN, CGT et de SUD PTT est une revue syndicale dont le premier numéro paraît en 1991 (avril mai 1991) atteindra un tirage de 300 exemplaires par numéro aux moments les plus fastes. . Les réunions du comité de rédaction auront lieu dans les locaux de la CFDT Interco (aujourd’hui Sud collectivités territoriales) ainsi que le tirage de l’ensemble des numéros.
Il suffit de relire le contenu de ces numéros pour comprendre comment nous étions au cœur de la recomposition syndicale que le mouvement de novembre-décembre 1995 allait accélérer. L’article sur la grève des assistantes sociales de 91 (Collectif n°2) et les conséquences politiques qu’engendrait la trahison de la CFDT en 95, ont poussé une partie des équipes syndicales ou de non syndiquées à se poser la question de rejoindre le CRC. Mais c’est après 95 que ces débats se concrétiseront, par le passage de militant e s ou d’équipes syndicales entières dans les nouveaux syndicats SUD
Collectif 31 n’était pas qu’une revue d’échanges d’expériences. Au fur et à mesure de son audience, elle a essayé de peser dans les débats sur la place de Toulouse, à travers la publication de numéro spéciaux, sur la grève des facteurs, novembre-décembre 95, les services publics, la loi sur les 35h…
Parler de la revue Collectif, nous oblige à parler du local CFDT Interco de la rue du Lieutenant Colonel Pélissier. Certes c’était le local de la CFDT Interco (syndicat oppositionnel) mais c’était le local, le lieu de passage de tout ce que Toulouse comptait de mouvement sociaux, collectifs, associations…Une bourse du travail avant l’heure telle que nous l’avons ébauchée quelques années plus tard. C’était aussi le lieu où se réunissaient tous les syndicats CFDT oppositionnels de la ville de Toulouse. C’est ce long travail parfois harassant qui permit une sortie massive de la CFDT à la fin du conflit de novembre-décembre 1995.

Par ailleurs, nous participons à de nombreuses initiatives avec des syndicats « oppositionnels » de la CFDT : Collectifs, AC (Agir ensemble contre le Chômage), le DAL (Droit Au Logement)… creuset de la future interpro.
C’est avec ces structures que nous participerons à des occupations (hôtel St-Jean avec la ville habitée, la maison du verrier avec le DAL), des actions sur les Anpe avec AC,…

En fichier joint article de Rouge sur les PTT


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